Blog: quelles utilisations en milieu scolaire et pour quels intérêts pédagogiques?

Definition :

Le terme « blog » est une abréviation du terme anglo-saxon « web blog » qui pourrait se traduire par « journal sur internet » ou bloc note. Un blog est donc un espace d’expression dans lequel l’internaute expose des idées, développe des informations, partage des centres d’intérêts personnels. Il peut être orienté sur un champ particulier, politique, actualité, journal de bord, pratiques artistiques, outil de communication pour une entreprise etc. Les autres internautes sont invités à intervenir par des commentaires dans un espace dédié. La dimension d’échange et de partage fait l’intérêt du blog.

Les articles ou billets sont publiés de façon à ce que l’on voit apparaitre le dernier posté en avant sur la page d’accueil, dès la connexion. Le blog est censé être régulièrement enrichi de nouveaux contenus.

On peut créer son blog à l’aide de logiciels spécialisés, accessibles gratuitement en ligne, dans leur version de base. Ils permettent la mise en forme du texte et des illustrations, et offrent la possibilité de créer un espace d’archives. Ces logiciels sont relativement simples d’utilisation, cela peut être un facteur d’explication au fait que les blogs se sont progressivement imposés comme des outils de publication et d’échanges, largement utilisés dans de nombreux domaines, personnels ou professionnels.

En milieu scolaire:

Le blog présente des avantages pédagogiques certains. Il permet, tout en allant dans le sens de l’intérêt que développent les élèves pour les outils multimédias, de valoriser l’écrit ou encore de développer le travail et l’esprit collaboratif. Il constitue donc un outil pédagogique stimulant, incite à l’autonomie et permet la mise en œuvre des compétences, liées à l’utilisation des outils numériques, présentes dans le socle commun de compétences.[1] En encourageant le partage entre élèves, il participe à la cohésion sociale au sein du groupe.

 

Alamodestuff/flickr/creativecommons

Alamodestuff/flickr/creativecommons

Le blog peut servir également à favoriser une attitude responsable dans l’utilisation que les élèves font des outils numériques. L’enseignant ou le professeur documentaliste peut, à l’occasion de la création des blogs, inciter les jeunes à prendre connaissance de la législation entourant la création de ressources en ligne, (Droit à l’image, informations à caractère diffamatoire ou discriminatoire, provocation à la haine ou à la violence etc.).

[1] La Loi d’orientation pour l’avenir de l’École définit « la maîtrise des TIC » comme l’une des composantes du socle commun de « connaissances et de compétences indispensables » qui doivent être acquises à la fin de la scolarité obligatoire. http://www.loi.ecole.gouv.fr

Sources:

http://www.cndp.fr/savoirscdi

http://www.fadben.asso.fr

http://www.clemi.org

http://www.loi.ecole.gouv.fr

http://eduscol.education.fr/

Les réseaux sociaux outils incontournables ?

Présentation:

Le monde a désormais intégré le web 2.0, et les applications qui y sont liées concernent principalement les réseaux sociaux. Autrement dit, à la différence de l’Internet traditionnel, l’utilisateur n’est pas seulement consommateur, mais aussi acteur, puisqu’il crée du contenu (textes, vidéos ou photos).

L’internet se construit donc dorénavant autour de millions de productions émanant directement des internautes par le biais de ces plateformes collaboratives, qui leur permettent d’interagir entre eux et d’échanger des contenus.

A travers une enquête publiée fin 2013 par L’Observatoire des réseaux sociaux, on apprend que Facebook, You tube et Twitter sont les plateformes les plus connues des internautes français. Ceux qui permettent la diffusion et l’échange d’images et de musique sont en forte progression. Les réseaux professionnels remportent également une adhésion de plus en plus marquée. La proportion d’utilisateurs des réseaux sociaux est en augmentation constante. Les résultats de cette même étude, nous informent que 86% des internautes français déclarent posséder au moins un compte sur un réseau social. C’est donc un phénomène qui impacte fortement la société et induit des changements radicaux dans les interactions humaines.

Mathias Poujol Rost/flickr/creative commons

Mathias Poujol Rost/flickr/creative commons

 

Les réseaux sociaux et les pratiques adolescentes:

Une étude suisse conduite en 2010 par le Département de psychologie appliquée de Zurich montre que les adolescents sont particulièrement férus de réseaux sociaux. Ces derniers déclarent y consacrer beaucoup de temps et s’y connecter « tous les jours ou plusieurs fois par semaine », et 84% d’entre eux se sont créé un profil sur au moins un réseau social. Les critères d’adhésion recouvrent la possibilité de nouer des contacts à grande échelle, de partager des intérêts communs et de bénéficier d’un feedback, dans les relations. Ces éléments contribuent à renforcer le sentiment d’appartenance à un groupe identifié. Les jeunes semblent être principalement attirés par le tchat et les jeux.

Néanmoins les résultats de cette enquête montrent que tous ne sont pas conscients du fait que les éléments de ce qui constitue leur sphère privée peuvent être accessibles au plus grand nombre dans cet espace public que représente internet, et peu d’entre eux ont une appréciation responsable de ce qui peut être publié d’un point de vue éthique ou juridique.

Pratiques en milieu scolaire:

Les réseaux sociaux sont fortement intégrés aux pratiques juvéniles informelles. Il semble donc indispensable de les associer aux actions pédagogiques mises en place en milieu scolaire, car elles revêtent un caractère attractif qui peut intervenir en soutien aux apprentissages. Cette utilisation peut en outre permettre d’envisager une formation aux risques et dérives possibles inhérents aux nouvelles technologies, qu’un certain nombre d’entre eux semblent ignorer. Dans un entretien publié sur le site Savoir cdi, Louise Merzeau souligne le rôle fondamental de l’école dans la formation à l’utilisation des réseaux sociaux. On peut par exemple sensibiliser les élèves à l’idée que toute publication, souvent liée au personnel ou à l’intime est ainsi soumise à une certaine durabilité : « Le simple fait d’échanger sur le web, de se connecter, d’utiliser un moteur de recherche, d’être connecté sur Facebook même sans s’exprimer (…) génère quantité de traces qu’on dépose de manière tout à fait non intentionnelle ». La CNIL, à travers un guide publié à l’attention des parents de jeunes utilisateurs des réseaux sociaux, précise que seule la moitié des jeunes discutent avec leurs parents de l’utilisation qu’ils font de ces outils, d’où la nécessité pour l’institution scolaire de faire acte de médiation dans l’usage de ces plateformes dans une logique éducative.

On peut également envisager d’approfondir le champ d’usages, qui semble, toujours selon Louise Merzeau, restreint dans les pratiques habituelles des élèves.  « Je pense donc que l’école a un rôle d’ouverture, d’introduction à plus de richesse, de plus-values informationnelles de ces outils ».

Au-delà des mises en garde préalables et nécessaires dans l’utilisation de ces outils, ils présentent l’avantage d’encourager les pratiques collaboratives, et par là même l’acquisition de compétences sociales, ils permettent également de développer la créativité des élèves. Ils participent pleinement de l’éducation aux médias et à la formation à la société de l’information, dont les élèves sont déjà et seront, demain encore plus, les acteurs.
http://sitedeladoc.free.fr

http://www.jeunes.cnil.fr

http://www.ifop.com

http://pedagotic.uqac.ca

http://www.jeunesetmedias.ch

http://media.eduscol.education.fr

http://www.cndp.fr/savoirscdi

 

Twitter: ou comment intégrer le microblogging aux pratiques scolaires

Twitter définition et usages

Twitter vient du mot Tweet, gazouillis  en anglais. Il s’agit d’une plate forme gratuite de microblogging, qui permet aux internautes de publier des messages, classés ante-chronologiquement, comme sur les blogs, à cette différence qu’ils sont limités à 140 caractères. L’idée de base de Jack Dorsey,  ingénieur et concepteur de ce projet, né au sein d’une startup au États-Unis, était de pouvoir envoyer des messages répondant à la question « que faites vous actuellement ?». L’usage s’est élargit puisque cette plateforme d’échange rassemblant une communauté virtuelle, constituée d’un réseau  d’amis appelés communément followers, permet de partager des infos, des liens, des photos etc. On peut également envisager Twitter comme un outil de veille. On  peut par exemple, en suivant des journalistes, ou de grands médias nationaux ou régionaux, mettre en place  une veille de l’information. Une fois que l’on a crée gratuitement son compte, une page personnelle est construite, qui contient une petite biographie personnalisable. On y voit apparaître le nombre de personnes dont on suit le flux et le nombre de followers. Cette page est par défaut consultable par tous les internautes, ce qui constitue l’intérêt premier du service mais on a également la possibilité d’en bloquer l’accès et de le réserver à un groupe prédéfini, ce qui peut faire sens dans le cas d’un projet particulier réservé à un groupe spécifique, notamment en milieu scolaire. On peut, sur cette même page, avoir accès aux messages postés par les utilisateurs que l’on suit, qui ne s’afficheront sur notre page personnelle que lorsqu’on décide de les « retwitter » (c’est-à-dire de répondre et/ou commenter un twitt jugé intéressant). Lorsque l’on souhaite s’adresser à quelqu’un, on fait précéder son nom du signe « @ » ; le classement de l’information s’effectue au moyen d’un mot clé précédé d’un « hashtag » qui prend la forme du signe « # mot clé».

Matt Hamm/ flickr/creative commons

Matt Hamm/ flickr/creative commons

 Quelles pratiques et utilisation chez les jeunes ?

Depuis plusieurs années l’Institut National de la Jeunesse et de l’Éducation Populaire (INJEP) réalise des enquêtes concernant l’usage de Twitter en milieu scolaire. La dernière enquête de 2013 réalisée auprès de différents acteurs éducatifs révèle que les outils numériques, et notamment la notion d’interactivité dans les pratiques qui y sont liées, ont un effet bénéfique sur les  méthodologies de projets. L’utilisation de ces outils au quotidien est déjà très familière pour les élèves de collèges et de lycée auprès de qui ils remportent une grande adhésion. Un article publié dans le bulletin d’études et de synthèse de l’Observatoire de la jeunesse en date de février 2014 révèle que Twitter a tendance à recueillir de plus en plus de succès auprès des adolescents qui le jugent plus attractif que Facebook car « plus marrant, plus réactif, plus varié que Facebook ». Ils le distinguent de ce dernier en précisant qu’il permet une ouverture plus large sur le monde adulte, que le public touché est plus vaste et que son utilisation nomade est plus aisée.

Intégration aux pratiques scolaires :

Au cours de l’année 2009/2010 des « twittclasses » ont fait leur apparition d’abord à l’université puis dans les établissements du primaire et du secondaire et se sont développées progressivement. L’utilisation de Twitter offre de nombreuses possibilités d’utilisation en classe ou au CDI. Cet outil numérique  permet de faciliter le  lien sur des projets interactifs, et encourage les échanges entre classes, entre élèves et plus globalement entre les membres de la communauté éducative. La production écrite, qui est un autre de ses avantages, en devant être  réalisée avec la contrainte de limitation à 140 caractères, permet de synthétiser ce que l’on à exprimer. L’outil Twitter peut également être utilisé lors de sorties ou de voyages scolaires pour produire en temps réel de l’information sur les activités déployées. Il représente globalement un outil numérique complémentaire incontournable, puisque intégré de façon assez générale aux pratiques de nombreux adolescents et son utilisation contribue à la notion d’éducation aux médias.

http://www.injep.fr

http://maonziemeannee.wordpress.com/

http://www.twittclasses.fr/

http://eduscol.education.fr

http://www.cndp.fr/savoirscdi

 

Serious game : sérieux ? Vous avez dit sérieux ?

Définition :

Dans le domaine des nouvelles technologies, on trouve également les serious game (jeux sérieux). Ce sont des outils qui sont élaborés dans le but de  faire passer des messages de manière attractive. Ils sont  spécifiquement utilisés pour sensibiliser, apprendre, communiquer, informer ou parfois encore, faire passer un message publicitaire. Ils ne sont pas issus de l’enseignement à la base. Ils proviennent en effet des États-Unis, et plus particulièrement de l’armée américaine, qui dans les années 50 s’en servait pour entraîner ses recrues mentalement ou physiquement par le biais de jeux comme le combat naval ou autres jeux de stratégies. Ils sont présents dans tous les domaines professionnels, s’adressent à des publics divers et recouvrent de nombreux domaines : santé, éducation, entreprises, culture, développement durable et écologie, médias, sciences, langues, etc. Leur ergonomie et leur utilisation s’inspirent des jeux vidéo classiques. Ils présentent, de plus, l’intérêt de pouvoir s’adapter à différents supports : ordinateurs, consoles, outils nomades etc.

Yasmine Kasbi, animatrice dans un EPN, Espaces Publics Numériques, créés par le gouvernement Wallon pour lutter contre la fracture numérique, et favoriser l’intégration de tous à la société de l’information, a publié un livre à ce sujet : « Les serious games : une révolution ». Dans son ouvrage elle en donne la définition suivante : « Un serious game est un jeu vidéo qui fait passer un message sérieux, éducatif, social, caritatif, publicitaire, journalistique, politique, religieux… ou encore une application informatique mêlant un objectif sérieux avec des éléments ludiques provenant du jeu vidéo ou de la simulation informatique. ».

Il existe plusieurs classifications dans le domaine des serious games. On pourra distinguer par exemple les Edugames dont l’objectif est de permettre les apprentissages dans le domaine éducatif ou en entreprise (edutainment). Les exergames consistent à faire passer un entraînement cognitif ou physique. Les newsgames sont, quant à eux, conçus pour faire passer un message d’information. On trouve également les social games ou jeux sociaux, présents sur les médias sociaux de type Facebook, pour ne citer que ces quatre exemples. Plusieurs types de messages peuvent ainsi être diffusés par ces outils : messages informatifs (neutres), éducatifs (pour transmettre un savoir ou un enseignement), persuasifs (visant à influencer), subjectifs (pour diffuser une opinion).

A coté de ces grandes catégories, nous pouvons par ailleurs détacher les jeux conçus pour favoriser l’échange de données. Tel a été le cas, par exemple, de Google image labeler, (2006), qui proposait aux internautes de jouer avec un partenaire aléatoire, et qui consistait à réaliser une description de photographies par mots clés. Ce jeu a permis à la société Google d’enrichir sa base de données pour affiner les liens entre certaines images et des listes de mots associés.

 

Jeux sérieux et éducation

Selon un article publié dans le journal « Le Monde » en date du 14 décembre 2010, il semblerait que les jeux éducatifs soient de plus en plus intégrés aux différents enseignements. Cette tendance n’a depuis cessé d’évoluer, même si certains enseignants éprouvent toujours une certaine réticence à les faire entrer dans l’univers scolaire. En effet, il apparaît que les activités ludiques souffrent encore d’une image peu sérieuse, éloignée de celle que l’on se fait communément du travail scolaire. Cependant, un certain nombre d’expérimentations sont d’ores et déjà en place dans diverses Académies. Ces dernières publient dossiers et articles sur leurs sites respectifs à ce sujet, et proposent des ressources à exploiter.

Ainsi le portail Educasource, met à disposition une sélection de ressources en ligne à l’attention des enseignants et propose par exemple plusieurs jeux éducatifs autour de la thématique du développement durable.

Certains jeux éducatifs ont même été développés avec le soutien du Ministère de l’Éducation nationale. Ils sont à mettre en relation avec les élèves à besoins éducatifs spécifiques. Cela est le cas du jeu « Vis ma vue », qui sensibilise au handicap visuel. Ce dernier offre ainsi un support d’intégration aux élèves porteurs de ce handicap.

Dans un autre domaine, celui de l’éducation à la citoyenneté, la Région Ile de France a soutenu la création du jeu « l’isoloir », qui se présente sous la forme d’une machine à voter en ligne et soumet aux jeunes de 14 à 18 ans, de «  faire l’expérience de l’action citoyenne », tout au long d’un parcours, où ils seront amenés à réfléchir et à se positionner sur des sujets appartenant aux grands débats de société.

Des jeux peuvent même être directement créés dans une volonté d’illustrer un enseignement disciplinaire. Le site Eduscol relate ainsi l’expérience de deux enseignantes, documentaliste et professeure de français de l’Académie de Créteil, qui ont eu l’occasion de développer un jeu autour de « l’Odyssée » afin d’aider les élèves à travailler ce thème du programme de français jugé difficile à aborder.

Force est de constater que les jeux sérieux, à l’instar d’autres outils numériques, sont une réalité d’aujourd’hui qu’il semble tout à fait judicieux d’exploiter, tant pour se rapprocher de ce qui constitue les pratiques habituelles des élèves, que dans le cadre de la formation et l’intégration des TICE dans l’enseignement moderne. On peut penser qu’ils ont d’autant plus d’intérêt lorsqu’ils s’adressent à des élèves en difficulté scolaire, en décrochage ou en rejet des formes traditionnelles d’enseignement et qu’ils peuvent, par leur aspect attractif, créer ou recréer la motivation.

 

Simbach/flickr/creative commons

Simbach/flickr/creative commons

 

http://www.ac-nice.fr/dane/innover-avec-le-numerique/jeux-serieux/jeux-serieux

http://www.educasources.education.fr/

http://www.serious-game.fr/

http://eduscol.education.fr/numerique/dossier/apprendre/jeuxserieux/cadre-educatif

http://www.universcience.fr/fr/accueil/

http://www.stoplaviolence.net/

http://www.reseau-canope.fr/vis-ma-vue/

http://lesclesdedemain.lemonde.fr